Introduction à la langue et à la tradition orale quechua. César ITIER

Chapitre

Titre: La découverte du quechua et ses études universitaires
Durée: 00:06:49   [00:00:00 > 00:06:49]
Après avoir découvert l'univers quechua à travers différentes lectures, César Itier commence à apprendre la langue de façon autodidacte dès l'âge de 15 ans. Désirant continuer ses recherches sur le monde andin, il fait des études d'espagnol à l'université d'Aix en Provence où il rencontre Pierre Duviols, historien et spécialiste des religions andines anciennes qui lui propose d'entamer des recherches universitaires sur le théâtre quechua de la première moitié du XXème siècle à Cuzco, et met à sa disposition des manuscrits de théâtre en quechua, recopié par Georges Dumézil lors de son séjour à Cuzco en 1952. César Itier devient ensuite chercheur à l'Institut Français d'Etudes Andines au Pérou où il continue à travailler sur le théâtre. Intéressé par la tradition orale, il élargit son travail sur le terrain et en vient à travailler sur la description de la langue quechua.
Titre: Famille linguistique quechua
Durée: 00:06:18   [00:06:49 > 00:13:07]
La définition des langues amérindiennes est, basiquement, qu’elles sont toutes les langues autochtones des Amériques qui ne sont pas parlées sur un autre continent, rappelle César Itier. Il y a quelques années, un linguiste américain Joseph Greenberg, a proposé de regrouper la plupart des langues autochtones amérindiennes au sein d'une famille qu’il a appelée "amérinde" ; mais de nombreux américanistes restent peu convaincus par cette théorie. L'Amérique est le continent où il reste actuellement le plus grand nombre de familles de langues, le quechua en est une, de l’ampleur de celle des langues romanes. Dans les années 1970, un chercheur a émis l'hypothèse d'un regroupement du quechua avec l'aymara en une même famille qu’il a appelée "quechumara". Cependant, malgré certaines ressemblances entre ces deux langues, notamment entre les structures phonologiques et morphologiques, les différences au niveau du vocabulaire de base étaient trop importantes pour que l'on puisse accepter de les regrouper en une seule famille.
Sujet: Personnalités
Topique: Greenberg
Prénom: Joseph
Spécificité discursive du thème: Amérinde
Quant aux familles de langues en Amérique, il considère qu'il y en a trois : l'esquimau-aléoute, le na-déné et l'amérindien, selon la classification qu'il propose dans Language in the Americas (1987). L'hypothèse amérinde est rejetée par la grande majorité des américanistes.
Joseph Harold Greenberg (New York, 28 mai 1915 – Palo alto 7 mai 2001) était un linguiste américain connu pour son travail en classification et typologie linguistique. Il a passé l’essentiel de sa carrière à l’Université Stanford. Il a contribué de manière importante à la typologie linguistique de par ses recherches sur les universaux linguistiques. Il a également élaboré une nouvelle classification des langues africaines. Il a, de plus, proposé des regroupements plus extensifs pour les langues déjà connues tels que la famille controversée des langues amérindes.
Sujet: Langues et familles des langues amérindiennes
Topique: Langues quechua
Titre: Description linguistique des langues quechua
Durée: 00:06:52   [00:13:07 > 00:20:00]
Pour mener une recherche linguistique, il faut disposer d'une bonne description des variétés de langues et dialectes parlés. Or, bien que commencé dans les années 1970, ce travail a peu avancé et il reste beaucoup à faire notamment dans les régions où le quechua a fortement reculé voire disparu ces dernières années, déclare César Itier. Au début des années 1960, le fondateur de la linguistique andine, Alfredo Torero, a publié une «classification des dialectes quechua» dans laquelle il propose deux grands groupes de dialectes délimités géographiquement: le quechua I (centre et centre nord du Pérou) et le quechua II (centre sud et sud du Pérou, Bolivie, Argentine, Equateur et extrême sud de la Colombie). Dans les années 1980, un linguiste australien, Gérald Taylor, admet qu'il existe des dialectes mixtes, c'est-à-dire qui présentent des caractéristiques du quechua I et II ainsi que des caractéristiques d’autres zones (par exemple de la région de Lima qui serait comme une zone de transition entre les dialectes I et II). D'après les recensements les plus récents, le nombre de locuteurs seraient d'environ 10 millions de personnes (ce qui fait du quechua la première famille linguistique d'Amérique du sud).
Sujet: Langues et familles des langues amérindiennes
Topique: Dialecte Quechua I
Langue ou groupe (ling.): Dialecte Quechua II Nord
Langue ou groupe (ling.): Dialecte Quechua Mixte I et II
Localisation spatiale du thème: Argentine ; Colombie ; Equateur ; Pérou
Sujet: Approches et thèmes de recherche
Topique: Linguistique comparative
Sujet: Approches et thèmes de recherche
Topique: Linguistique descriptive
Sujet: Personnalités
Topique: Taylor
Prénom: Gerald
Sujet: Personnalités
Topique: Torero
Prénom: Alfredo
(1930-2004) Article: " The Dialects of Quechua " en 1964 . Alfredo Torero a conçu la classification traditionnelle, les trois divisions au-dessus plus un Péruvien quatrième, du Nord, la branche. Les dernières complications de cause dans la classification, cependant, comme eux (Cajamarca-Lambayeque), Pacaraos et Yauyos) ont des traits tant du quechua I que du quechua II et sont difficiles ainsi à assigner à non plus. La classification de Torero est, /Quechua I ou B quechua ou quechua Central ou Waywash, parlé dans les pays montagneux centraux du Pérou et la côte./ Les variétés le plus largement parlées sont Huaylas, Huaylla Wanca et Conchucos./ Quechua II ou A quechua ou quechua Périphérique ou Wanp'una, divisé en: Quechua d'Yungay ou quechua II A, parlés dans les montagnes du Nord du Pérou ; le dialecte le plus largement parlé est Cajamarca./ Quechua du Nord ou quechua II B, parlés en Équateur (Kichwa), Pérou du Nord et Colombie (Inga Kichwa)/ Les variétés le plus largement parlées sont Pays montagneux Quichua Chimborazo et Pays montagneux Quichua Imbabura./ Quechua du sud ou quechua II C, parlés en Bolivie, Pérou du sud, Chili et Argentine./ Les variétés le plus largement parlées sont le Bolivien Sud, Cuzco, Ayacucho et Puno (Collao).
Titre: Quechua: premier foyer d’expansion, langue véhiculaire des incas et colonisation espagnole
Durée: 00:10:51   [00:20:00 > 00:30:51]
A partir du XVIe siècle et jusqu'au début du XXe siècle, nombreux sont ceux qui ont pensé que les Incas (groupe ethnique de la région de Cuzco) étaient à l'origine de la langue quechua. Aujourd'hui on sait que le premier foyer de la langue était situé loin de Cuzco, entre Lima et les Andes du centre nord, et que l'expansion du quechua a commencé bien avant que les Incas (XVe siècle) l’ait adopté pour communiquer. L'époque de l'Horizon ancien (500 à 200 av. J.-C.) - civilisation Chavín - semble être le premier foyer d'expansion de la langue quechua. Elle est marquée par la très forte intensification des échanges entre différentes petites sociétés, la diffusion d'une iconographie religieuse et une homogénéisation culturelle, facteur d’expansion d’une langue commune. On sait que le quechua était parlé à l'Equateur pour le commerce et que les Incas avaient leur langue propre (lengua materna) et parlaient en plus l'aymara (sud du Pérou). Le quechua est devenu la troisième langue des incas car il représentait la langue véhiculaire de la partie la plus développée de leur empire. Il a donc d’abord été une langue de communication, puis ils en ont fait une langue d'administration, mais l'expansion du quechua doit plus à ce qu'il s'est passé avant et après la période incaïque, notamment avec la colonisation espagnole, qu'aux Incas eux-mêmes, dit César Itier. La colonisation espagnole marque la dernière phase de propagation de la langue quechua avec l'apparition de centres urbains peuplés d'indigènes et une population qui converge vers les centres miniers pour travailler et pouvoir payer le tribut à l'état colonial. Ceci a entraîné une grande mobilité des populations paysannes, des phénomènes de migrations et donc des bouleversements économiques importants. Ces tendances vont entraîner un phénomène d'homogénéisation linguistique propageant le quechua comme une langue commune au détriment d'autres langues.
Sujet: Civilisations précolombiennes
Topique: Civilisation chavin
Localisation spatiale du thème: Equateur ; Pérou
Horizon ancien (500 à 200 avant JC).
Sujet: Civilisations précolombiennes
Topique: Civilisation inca
Localisation spatiale du thème: Argentine ; Bolivie ; Chili ; Colombie ; Equateur ; Pérou
La civilisation inca est une civilisation précolombienne du groupe andin. Elle prend naissance au début du XIIIe siècle dans le bassin de Cuzco dans l'actuel Pérou et se développe ensuite le long de l'océan Pacifique et de la cordillère des Andes, couvrant la partie occidentale de l'Amérique du Sud. À son apogée, elle s'étend de la Colombie jusqu'à l'Argentine et au Chili, par delà l'Équateur, le Pérou et la Bolivie. Elle est à l'origine de l'empire inca, l'un des trois grands empires de l'Amérique précolombienne, qui avait pour chef suprême le Sapa Inca. L'empire inca fut conquis par les conquistadors espagnols sous les ordres de Francisco Pizarro à partir de 1532. L'une des grandes singularités de cet empire fut d'avoir intégré, dans une organisation étatique originale, la multiplicité socioculturelle des populations hétérogènes qui le composaient.
Sujet: Immigration et colonisation
Topique: Colonisation espagnole des Amériques
Détail particulier: Equateur et Pérou
Localisation spatiale du thème: Equateur ; Pérou
Sujet: Langues et familles des langues amérindiennes
Topique: Langues quechua
Titre: Structure des langues quechua, la représentation du temps et de l’espace
Durée: 00:10:47   [00:30:51 > 00:41:38]
Les différences entre les quechua I et II sont surtout d'ordre lexical et phonologique alors que le système grammatical et la syntaxe sont assez similaires. Le quechua est une langue à tendance agglutinante qui procède par juxtaposition de suffixes sur une base soit verbale soit nominale. Ces suffixes expriment des valeurs grammaticales ou sémantiques. Par exemple, le quechua de Cuzco comporte une centaine de suffixes. A la plupart de ces suffixes ne correspond qu'un seul signifié, ce qui rend la langue assez transparente. La langue quechua a une morphologie verbale très riche (suffixes apposés sur une base verbale). Le quechua s'intéresse peu au temps: il n'y a pas de présent et peu de passé. En revanche, la langue exprime l'orientation des processus dans l'espace. Il existe donc tout un ensemble de suffixes pour exprimer l'orientation et la place des actants dans l'espace. L'inscription dans l'espace concerne tous les rapports que peuvent y entretenir les individus et c'est ce qui est le plus difficile à apprendre dans la langue car cela nous oblige à regarder les processus d'une façon différente, déclare César Itier.
Sujet: Langues et familles des langues amérindiennes
Topique: Dialecte Quechua I
Langue ou groupe (ling.): Dialecte Quechua II Nord
Langue ou groupe (ling.): Dialecte Quechua II Sud
Sujet: Approches et thèmes de recherche
Topique: Ethnolinguistique
Discipline, domaine: Linguistique appliquée
Discipline, domaine: Linguistique comparative
Libellé: Dialectes quechua
Titre: La narration et la traduction des contes quechua
Durée: 00:06:36   [00:41:38 > 00:48:15]
Dans la narration des contes, on comprend la question de la représentation dans l’espace de la langue quechua. L’ «être ensemble» prend corps. Le narrateur s'imagine témoin subjectif mais réel de la scène: les personnages sont en face de nous et leur conscience reste opaque. C'est également pour cela qu'il existe en quechua beaucoup de suffixes modaux qui qualifient l'information apportée. Lorsque le conteur veut parler de ce que pense un personnage, il ne peut le faire qu'en utilisant un suffixe modal particulier qui indique la conjecture. Dans la traduction, on est obligé de taire la spatialisation existante dans les textes originaux. A l'inverse, on est obligé d'ajouter toute une série de mots caractérisant le temps que le quechua n'exprime pas. On devrait procéder à plusieurs traductions en français pour différents usages, dont certaines pourraient permettre simplement de prendre connaissance du récit tandis que d'autres rendraient compte de la structure de langue et de ces aspects fondamentaux pour une compréhension complète. Les ethnologues, bien souvent, n’apprennent pas les langues autochtones et ne recueillent donc que très peu de traditions orales ; ce sont surtout les linguistes, qui sont relativement peu nombreux, qui font ce travail. Il y a donc peu de contes traduits, constate César Itier.
Sujet: Littérature par type et genre
Topique: Narration des contes quechua
Genre: Conte
Titre: Evolution de la situation linguistique et politiques d’éducation bilingue
Durée: 00:09:06   [00:48:15 > 00:57:22]
Même avec dix millions de locuteurs, le pourcentage de la population parlant quechua diminue. Au début du XXe siècle, le tiers de la population de Cuzco était monolingue, quechuaphone. Puis les migrants de la campagne se sont débarrassés des stigmates de leurs origines sociales et pour cela ils ont refusé la transmission de la langue à leurs enfants, allant jusqu’à nier leur connaissance de la langue. Aujourd’hui ce complexe commence à s'estomper car, d’une part, une partie des migrants a pu faire des études et parce que d’autre part, la mondialisation s’intéresse à la sauvegarde des patrimoines locaux, matériels ou immatériels. La transmission intergénérationnelle pose toujours cependant problème et constitue une préoccupation pour la survie du quechua. Depuis la fin des années 1990, l'éducation bilingue se généralise, cependant il est encore difficile d'évaluer l'impact sur les locuteurs, d’autant plus que c’est un bilinguisme pensé d’abord en espagnol et donc envahi de néologismes.
Titre: Les Khipus, les transcriptions du quechua, la pratique de la lecture et de l’écriture
Durée: 00:17:20   [00:57:22 > 01:14:42]
On dit que les sociétés du Pérou seraient les seules à ne pas avoir développé de systèmes d'écriture, mais en fait, les anciens Péruviens utilisaient les khipus (cordelettes attachées les unes aux autres et avec lesquelles on fait des noeuds de différentes sortes, de différentes couleurs, etc.). Ces khipus n'ont pas été réellement déchiffrés, cependant, récemment l’anthropologue Gary Urton a analysé le processus d'élaboration des khipus et a montré que celui-ci se faisait selon une série de choix successifs de solutions binaires. On sait qu'il existait des khipus comptables et narratifs. Aujourd'hui, même si certaines communautés en détiennent, elles ne savent pas les lire et les utilisent seulement à des fins rituelles. Le quechua s'écrit maintenant en caractères latins mais le système phonologique est très différent de nos langues. Dès 1580, un système graphique - qui restera en vigueur jusqu'au milieu du XVIIIe siècle - a été créé par un jésuite pour des personnes déjà locutrices de la langue. Ce n'est qu'au milieu du XXe siècle qu'une unification et une simplification des systèmes a réellement été mise en place, débouchant sur un système de type phonologique, actuellement utilisé au Pérou et en Bolivie. La pratique de la lecture en langue quechua reste assez limitée. Il existe peu de production littéraire: une poésie pratiquement toujours éditée en version bilingue, quelques contes et nouvelles. Il existe une prose narrative de création avec des auteurs comme Porfirio Meneses, José Oregón Morales et Socrates Sonana au Pérou mais elle reste très marginale car les publications circulent très peu.
Sujet: Personnalités
Topique: Meneses
Prénom: Porfirio
Auteur quechua (Huanta 1915)/ Su trabajo ha sido reconocido con importantes premios como el Primer Premio de Cuento en el concurso convocado por la revista “Cuadernos” de París (Francia, 1965), el Premio Nacional “Ricardo Palma” del Ministerio de Educación (1965), el Primer Premio de Producción Intelectual convocado por la universidad Federico Villarreal en 1995, el Primer Premio en el Primer Concurso de Literatura Kechwa convocado a nivel nacional por la misma universidad en 1998, además de otras distinciones. Entre sus principales cuentos tenemos: “Cholerias” (1946), “Campos Marchitos” (1948), “El Hombrecillo Oscuro y otros cuentos” (1954), “Cuentos Peruanos”, “Cholerias 2”, “Huanta en la Cultura” (1974), “Solo, un camino tiene el río” (1975), las cuales reflejan la cultura andina a través de sus situaciones y personajes. Su producción poética por otra parte ha encontrado en el quechua su mejor forma de expresión. Para Meneses, la dulzura y versatilidad de la lengua la hacen ideal para resaltar la belleza de las palabras, la emoción de los sentimientos plasmados en papel, a la vez que su uso reivindica la importancia de una lengua que siendo netamente peruana no es suficientemente difundida en nuestro país. Dentro de su producción en quechua sobresalen su poemario Suyaypa llaqtan “País de la esperanza” (1988), Yana kachapurikuna, una traducción integral al quechua del poemario “Los heraldos negros” de César Vallejo, (1997) y el libro de cuentos Achikyay willaykuna. “Cuentos del amanecer” (1998) cuya versión francesa fue publicada en el 2001 bajo el título de “Contes du lever du tour”. Aun sin publicar se encuentran su versión quechua de otra gran obra de Vallejo, “Trilce”, la traducción también al quechua de una selección de 25 poemas de García Lorca, su poemario Kanchipawan llakipa takinkuna “Cantos de luz y sombra” y Yapa Tinkunakuy (“El reencuentro”), una colección de 30 sonetos quechuas.
Sujet: Personnalités
Topique: Oregon Morales
Prénom: José
(Huancavelica, 1949), autor quechua
Sujet: Personnalités
Topique: Sonana
Prénom: Socrates
Localisation spatiale du thème: Pérou
Auteur quechua
Sujet: Personnalités
Topique: Urton
Prénom: Gary
Gary Urton - Dumbarton Oaks professeur d'études précolombiennes - Directeur des études supérieures Spécialiste des Khipus
Titre: Le quechua dans les médias
Durée: 00:06:21   [01:14:42 > 01:21:03]
Les Equatoriens ont élaboré une forme de quechua standard - utilisé pour la radio, la presse, etc. - qui s'appelle le "quechua unificado". Dans les années 1970, le quotidien péruvien "Crónica" publiait un supplément entièrement en quechua qui s'appelait "Crónicawan" et qui s’est arrêté avec la fin du gouvernement militaire. En Bolivie, il existait un quotidien "La Prensa" qui publiait chaque semaine un supplément en aymara, quechua et guarani. En Bolivie, il existe quelques émissions de télévision et de nombreuses radios en langue quechua. Cependant on constate maintenant dans ces pays un intérêt pour la langue qui n'existait pas avant. Peut-être assistons-nous à l'émergence d'une dynamique qui pourrait inverser la tendance du phénomène de non transmission de la langue.
Sujet: Littérature par type et genre
Topique: Quotidien péruvien "Crónica" - supplément 'Crónicawan"
Localisation spatiale du thème: Pérou
Localisation temporelle du thème: Fin des années 90 ; XXe siècle ap. J.-C.
Sujet: Littérature par type et genre
Topique: Quotidien péruvien en quechua, guarani et aymara "La Prensa"
Localisation spatiale du thème: Bolivie
Localisation temporelle du thème: Année 70 ; XXe siècle ap. J.-C.
Titre: Quechua d'hier et d'aujourd'hui: le vrai quechua?
Durée: 00:06:29   [01:21:03 > 01:27:32]
Le processus de folklorisation et d’archaïsation que nous constatons aujourd'hui pourrait être préjudiciable à la langue dans la mesure où cette tendance pousse la jeunesse à considérer le quechua comme une relique du passé. L'Académie Péruvienne de la Langue Quechua, créée en 1953 et qui a de nombreuses succursales au Pérou, en Bolivie et en Argentine, est l’héritière du nationalisme incaïque du XIXe siècle, affirme César Itier. Elle répète à outrance que les paysans ne savent pas parler quechua mais pratiquent un "quechuagnole" (une corruption de la langue) et que de ce fait, ce sont eux les seuls dépositaires de la langue des Incas. Ces discours contribuent à rompre la transmission intergénérationnelle par le refus de transmettre une langue qui ne serait pas "pure" et bloque également son accès à de nouveaux domaines d'expression, déclare-t-il.
Titre: Le théâtre andin
Durée: 00:07:23   [01:27:32 > 01:34:40]
Le théâtre dans les Andes est un genre littéraire importé d’Occident qui a connu un grand succès et s'est trouvé intégré à la tradition. Depuis le XVIIe siècle et jusqu'aux années 1950-1960, on voyait des représentations de pièces en quechua, surtout dans un contexte urbain. Dans les villes, il existait un théâtre proche du théâtre savant occidental mais qui avait intégré des éléments lyriques locaux et des éléments de styles métaphoriques par exemple. Pendant des siècles, les troupes allaient de village en village contribuant ainsi à la transmission culturelle, mais ces représentations n'existent plus. Parallèlement, dans les villages, des représentations théâtrales portant principalement sur le thème de la capture et de l'exécution du dernier roi inca Atahualpa étaient intégrées à des fêtes religieuses locales. Ces représentations d'origine espagnole, sur le thème des "moros y cristianos", avaient été modifiées par l'apport d'éléments autochtones, donnant un produit culturel original.
Sujet: Littérature par type et genre
Topique: Théâtre andin
Genre: Epopée
Genre: Légende

11 chapitres.
  • Après avoir découvert l'univers quechua à travers différentes lectures, César Itier commence à apprendre la langue de façon autodidacte dès l'âge de 15 ans. Désirant continuer ses recherches sur le monde andin, il fait des études d'espagnol à l'université d'Aix en Provence où il rencontre Pierre Duviols, historien et spécialiste des religions andines anciennes qui lui propose d'entamer des recherches universitaires sur le théâtre quechua de la première moitié du XXème siècle à Cuzco, et met à sa disposition des manuscrits de théâtre en quechua, recopié par Georges Dumézil lors de son séjour à Cuzco en 1952. César Itier devient ensuite chercheur à l'Institut Français d'Etudes Andines au Pérou où il continue à travailler sur le théâtre. Intéressé par la tradition orale, il élargit son travail sur le terrain et en vient à travailler sur la description de la langue quechua.
  • La définition des langues amérindiennes est, basiquement, qu’elles sont toutes les langues autochtones des Amériques qui ne sont pas parlées sur un autre continent, rappelle César Itier. Il y a quelques années, un linguiste américain Joseph Greenberg, a proposé de regrouper la plupart des langues autochtones amérindiennes au sein d'une famille qu’il a appelée "amérinde" ; mais de nombreux américanistes restent peu convaincus par cette théorie. L'Amérique est le continent où il reste actuellement le plus grand nombre de familles de langues, le quechua en est une, de l’ampleur de celle des langues romanes. Dans les années 1970, un chercheur a émis l'hypothèse d'un regroupement du quechua avec l'aymara en une même famille qu’il a appelée "quechumara". Cependant, malgré certaines ressemblances entre ces deux langues, notamment entre les structures phonologiques et morphologiques, les différences au niveau du vocabulaire de base étaient trop importantes pour que l'on puisse accepter de les regrouper en une seule famille.
  • Pour mener une recherche linguistique, il faut disposer d'une bonne description des variétés de langues et dialectes parlés. Or, bien que commencé dans les années 1970, ce travail a peu avancé et il reste beaucoup à faire notamment dans les régions où le quechua a fortement reculé voire disparu ces dernières années, déclare César Itier. Au début des années 1960, le fondateur de la linguistique andine, Alfredo Torero, a publié une «classification des dialectes quechua» dans laquelle il propose deux grands groupes de dialectes délimités géographiquement: le quechua I (centre et centre nord du Pérou) et le quechua II (centre sud et sud du Pérou, Bolivie, Argentine, Equateur et extrême sud de la Colombie). Dans les années 1980, un linguiste australien, Gérald Taylor, admet qu'il existe des dialectes mixtes, c'est-à-dire qui présentent des caractéristiques du quechua I et II ainsi que des caractéristiques d’autres zones (par exemple de la région de Lima qui serait comme une zone de transition entre les dialectes I et II). D'après les recensements les plus récents, le nombre de locuteurs seraient d'environ 10 millions de personnes (ce qui fait du quechua la première famille linguistique d'Amérique du sud).
  • A partir du XVIe siècle et jusqu'au début du XXe siècle, nombreux sont ceux qui ont pensé que les Incas (groupe ethnique de la région de Cuzco) étaient à l'origine de la langue quechua. Aujourd'hui on sait que le premier foyer de la langue était situé loin de Cuzco, entre Lima et les Andes du centre nord, et que l'expansion du quechua a commencé bien avant que les Incas (XVe siècle) l’ait adopté pour communiquer. L'époque de l'Horizon ancien (500 à 200 av. J.-C.) - civilisation Chavín - semble être le premier foyer d'expansion de la langue quechua. Elle est marquée par la très forte intensification des échanges entre différentes petites sociétés, la diffusion d'une iconographie religieuse et une homogénéisation culturelle, facteur d’expansion d’une langue commune. On sait que le quechua était parlé à l'Equateur pour le commerce et que les Incas avaient leur langue propre (lengua materna) et parlaient en plus l'aymara (sud du Pérou). Le quechua est devenu la troisième langue des incas car il représentait la langue véhiculaire de la partie la plus développée de leur empire. Il a donc d’abord été une langue de communication, puis ils en ont fait une langue d'administration, mais l'expansion du quechua doit plus à ce qu'il s'est passé avant et après la période incaïque, notamment avec la colonisation espagnole, qu'aux Incas eux-mêmes, dit César Itier. La colonisation espagnole marque la dernière phase de propagation de la langue quechua avec l'apparition de centres urbains peuplés d'indigènes et une population qui converge vers les centres miniers pour travailler et pouvoir payer le tribut à l'état colonial. Ceci a entraîné une grande mobilité des populations paysannes, des phénomènes de migrations et donc des bouleversements économiques importants. Ces tendances vont entraîner un phénomène d'homogénéisation linguistique propageant le quechua comme une langue commune au détriment d'autres langues.
  • Les différences entre les quechua I et II sont surtout d'ordre lexical et phonologique alors que le système grammatical et la syntaxe sont assez similaires. Le quechua est une langue à tendance agglutinante qui procède par juxtaposition de suffixes sur une base soit verbale soit nominale. Ces suffixes expriment des valeurs grammaticales ou sémantiques. Par exemple, le quechua de Cuzco comporte une centaine de suffixes. A la plupart de ces suffixes ne correspond qu'un seul signifié, ce qui rend la langue assez transparente. La langue quechua a une morphologie verbale très riche (suffixes apposés sur une base verbale). Le quechua s'intéresse peu au temps: il n'y a pas de présent et peu de passé. En revanche, la langue exprime l'orientation des processus dans l'espace. Il existe donc tout un ensemble de suffixes pour exprimer l'orientation et la place des actants dans l'espace. L'inscription dans l'espace concerne tous les rapports que peuvent y entretenir les individus et c'est ce qui est le plus difficile à apprendre dans la langue car cela nous oblige à regarder les processus d'une façon différente, déclare César Itier.
  • Dans la narration des contes, on comprend la question de la représentation dans l’espace de la langue quechua. L’ «être ensemble» prend corps. Le narrateur s'imagine témoin subjectif mais réel de la scène: les personnages sont en face de nous et leur conscience reste opaque. C'est également pour cela qu'il existe en quechua beaucoup de suffixes modaux qui qualifient l'information apportée. Lorsque le conteur veut parler de ce que pense un personnage, il ne peut le faire qu'en utilisant un suffixe modal particulier qui indique la conjecture. Dans la traduction, on est obligé de taire la spatialisation existante dans les textes originaux. A l'inverse, on est obligé d'ajouter toute une série de mots caractérisant le temps que le quechua n'exprime pas. On devrait procéder à plusieurs traductions en français pour différents usages, dont certaines pourraient permettre simplement de prendre connaissance du récit tandis que d'autres rendraient compte de la structure de langue et de ces aspects fondamentaux pour une compréhension complète. Les ethnologues, bien souvent, n’apprennent pas les langues autochtones et ne recueillent donc que très peu de traditions orales ; ce sont surtout les linguistes, qui sont relativement peu nombreux, qui font ce travail. Il y a donc peu de contes traduits, constate César Itier.
  • Même avec dix millions de locuteurs, le pourcentage de la population parlant quechua diminue. Au début du XXe siècle, le tiers de la population de Cuzco était monolingue, quechuaphone. Puis les migrants de la campagne se sont débarrassés des stigmates de leurs origines sociales et pour cela ils ont refusé la transmission de la langue à leurs enfants, allant jusqu’à nier leur connaissance de la langue. Aujourd’hui ce complexe commence à s'estomper car, d’une part, une partie des migrants a pu faire des études et parce que d’autre part, la mondialisation s’intéresse à la sauvegarde des patrimoines locaux, matériels ou immatériels. La transmission intergénérationnelle pose toujours cependant problème et constitue une préoccupation pour la survie du quechua. Depuis la fin des années 1990, l'éducation bilingue se généralise, cependant il est encore difficile d'évaluer l'impact sur les locuteurs, d’autant plus que c’est un bilinguisme pensé d’abord en espagnol et donc envahi de néologismes.
  • On dit que les sociétés du Pérou seraient les seules à ne pas avoir développé de systèmes d'écriture, mais en fait, les anciens Péruviens utilisaient les khipus (cordelettes attachées les unes aux autres et avec lesquelles on fait des noeuds de différentes sortes, de différentes couleurs, etc.). Ces khipus n'ont pas été réellement déchiffrés, cependant, récemment l’anthropologue Gary Urton a analysé le processus d'élaboration des khipus et a montré que celui-ci se faisait selon une série de choix successifs de solutions binaires. On sait qu'il existait des khipus comptables et narratifs. Aujourd'hui, même si certaines communautés en détiennent, elles ne savent pas les lire et les utilisent seulement à des fins rituelles. Le quechua s'écrit maintenant en caractères latins mais le système phonologique est très différent de nos langues. Dès 1580, un système graphique - qui restera en vigueur jusqu'au milieu du XVIIIe siècle - a été créé par un jésuite pour des personnes déjà locutrices de la langue. Ce n'est qu'au milieu du XXe siècle qu'une unification et une simplification des systèmes a réellement été mise en place, débouchant sur un système de type phonologique, actuellement utilisé au Pérou et en Bolivie. La pratique de la lecture en langue quechua reste assez limitée. Il existe peu de production littéraire: une poésie pratiquement toujours éditée en version bilingue, quelques contes et nouvelles. Il existe une prose narrative de création avec des auteurs comme Porfirio Meneses, José Oregón Morales et Socrates Sonana au Pérou mais elle reste très marginale car les publications circulent très peu.
  • Les Equatoriens ont élaboré une forme de quechua standard - utilisé pour la radio, la presse, etc. - qui s'appelle le "quechua unificado". Dans les années 1970, le quotidien péruvien "Crónica" publiait un supplément entièrement en quechua qui s'appelait "Crónicawan" et qui s’est arrêté avec la fin du gouvernement militaire. En Bolivie, il existait un quotidien "La Prensa" qui publiait chaque semaine un supplément en aymara, quechua et guarani. En Bolivie, il existe quelques émissions de télévision et de nombreuses radios en langue quechua. Cependant on constate maintenant dans ces pays un intérêt pour la langue qui n'existait pas avant. Peut-être assistons-nous à l'émergence d'une dynamique qui pourrait inverser la tendance du phénomène de non transmission de la langue.
  • Le processus de folklorisation et d’archaïsation que nous constatons aujourd'hui pourrait être préjudiciable à la langue dans la mesure où cette tendance pousse la jeunesse à considérer le quechua comme une relique du passé. L'Académie Péruvienne de la Langue Quechua, créée en 1953 et qui a de nombreuses succursales au Pérou, en Bolivie et en Argentine, est l’héritière du nationalisme incaïque du XIXe siècle, affirme César Itier. Elle répète à outrance que les paysans ne savent pas parler quechua mais pratiquent un "quechuagnole" (une corruption de la langue) et que de ce fait, ce sont eux les seuls dépositaires de la langue des Incas. Ces discours contribuent à rompre la transmission intergénérationnelle par le refus de transmettre une langue qui ne serait pas "pure" et bloque également son accès à de nouveaux domaines d'expression, déclare-t-il.
  • Le théâtre dans les Andes est un genre littéraire importé d’Occident qui a connu un grand succès et s'est trouvé intégré à la tradition. Depuis le XVIIe siècle et jusqu'aux années 1950-1960, on voyait des représentations de pièces en quechua, surtout dans un contexte urbain. Dans les villes, il existait un théâtre proche du théâtre savant occidental mais qui avait intégré des éléments lyriques locaux et des éléments de styles métaphoriques par exemple. Pendant des siècles, les troupes allaient de village en village contribuant ainsi à la transmission culturelle, mais ces représentations n'existent plus. Parallèlement, dans les villages, des représentations théâtrales portant principalement sur le thème de la capture et de l'exécution du dernier roi inca Atahualpa étaient intégrées à des fêtes religieuses locales. Ces représentations d'origine espagnole, sur le thème des "moros y cristianos", avaient été modifiées par l'apport d'éléments autochtones, donnant un produit culturel original.
Titre: Introduction à la langue et à la tradition orale quechua
Auteur(s): César ITIER
Durée: 01:34:40
Date de réalisation: 13/03/2007
Lieu de réalisation: Fondation de la Maison des Sciences de l'Homme 54, Boulevard Raspail, 75006 Paris
Genre: Enquête linguistique filmée
Langue(s): Français
Dans cet entretien, César Itier fait un panorama des grandes caractéristiques linguistiques de la langue quechua et précise les thèmes liés à la tradition orale. César ITIER est maître de conférences à l'INALCO (Institut des Langues et Civilisations Orientales) où il enseigne le quechua et son histoire. Il fait également partie du laboratoire du CNRS CELIA (Centre d'Etudes des Langues Indigènes d'Amérique) et travaille plus particulièrement sur la tradition orale quechua, le théâtre quechua colonial et moderne, la philologie des textes quechuas coloniaux, la linguistique historique et la dialectologie du quechua.
Sujet: Pays
Topique: Argentine
Pays: Bolivie
Pays: Colombie
Pays: Equateur
Pays: Pérou
Sujet: Approches et thèmes de recherche
Topique: Ethnolinguistique
Sujet: Langues et familles des langues amérindiennes
Topique: Langues quechua
Localisation spatiale du thème: Bolivie ; Colombie ; Equateur ; Pérou
Sujet: Approches et thèmes de recherche
Topique: Linguistique
Libellé: Langue quechua
Type: Livre
Auteur: César ITIER
Url: http://www.attica.fr/?sys=ouvrage/zoom&co=6347
Donne une vision d'ensemble de l'histoire et de la société andines, de la littérature et de la mythologie quechua ainsi que la première grammaire du quechua de Cuzco en français, accompagnée d'éléments de conversation courante et d'un lexique bilingue.
César ITIER. Entretien linguistique sur la langue et la tradition orale quechua, http://www.amsur.msh-paris.fr/Video.aspx?domain=422ede87-ce4b-42a9-8f79-b85c80665af0&language=fr&id=a3e4ea65-0dec-49e1-8463-6e233b304fa4&mediatype=VideoWhitShots, 2007.
Type: Droit d'auteur relatif au contenu du document source
L'auteur de cette ressource audiovisuelle (documentaire audiovisuel, enregistrement audiovisuel, ...) est l'ESCoM (Equipe Sémiotique Cognitive et Nouveaux Médias) à la FCMSH (Fondation Maison des Sciences de l'Homme) , Paris, 2007.
Type: Régime général "Creative Commons" relatifs au document source
"Cette ressource audiovisuelle est protégée par le régime "Creative Commons". Vous êtes libres de la reproduire, distribuer et communiquer au public. Mais vous devez impérativement signaler sa paternité (son ou ses auteurs), vous n'avez pas le droit de la modifier ni d'en faire un usage commercial. Lecture, diffusion et exploitation concrète de cette ressource audiovisuelle présuppose que vous ayez accepté les règles juridiques Creative Commons décrites dans la page http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/" Veuillez, ensuite, créer 1/ le lien : http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr et 2/ l'intitulé "Creative Commons - Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France" (via la boîte "Liens")
Titre: Introduction à la langue et à la tradition orale quechua
Langue(s): Français
Type: Analyse plus détaillé
Comment citer: PAPINO, Manuela, Analyse de l'archive découpée "Entretien avec César Itier sur l'introduction à la langue et à la tradition orale quechua", http://www.amsur.msh-paris.fr/Video.aspx?domain=422ede87-ce4b-42a9-8f79-b85c80665af0&language=fr&id=a3e4ea65-0dec-49e1-8463-6e233b304fa4&mediatype=VideoWhitShots, 2012.
Id analyse: d4b2a132-cf9b-4722-bd90-5b539f44a252
Id vidéo: a3e4ea65-0dec-49e1-8463-6e233b304fa4
César ITIER est maître de conférences à l'INALCO - Institut des Langues et Civilisations Orientales - où il enseigne le quechua et son histoire. Il fait également parti du laboratoire du CNRS CELIA - Centre d'Etudes des Langues Indigènes d'Amérique - où il travaille plus particulièrement sur la tradition orale quechua, le théâtre quechua colonial et moderne, la philologie des textes quechuas coloniaux, la linguistique historique et la dialectologie du quechua. Il propose ici une rétrospective sur les grandes caractéristiques linguistiques de la langue quechua et précise les thèmes liés à la tradition orale. Cet entretien sert d'introduction à la langue quechua est est donc accessible à tout public. Il précise cependant de nombreux aspects et peut également intéresser les spécialistes: ethnologues, linguistes, historiens, etc.