Séance 6- Méthodes anthropologiques et étude du "Naven" de Gregory Bateson. Carlo SEVERI

Chapitre

Titre: Les deux grandes démarches anthropologiques
Durée: 00:07:57   [00:00:00 > 00:07:57]
Si l'on regarde l’histoire de l’anthropologie, on constate deux grandes façons de généraliser à partir de l’expérience du terrain, déclare SEVERI. La première, la plus traditionnelle, consiste à récolter des phénomènes de sociétés pour en faire des typologies. C’est une sorte d’accumulation de grande masse de savoir pour ensuite chercher un critère classificatoire. On pourrait appeler cette méthode «extentionnelle» dit SEVERI. La seconde est associée à la recherche sur le terrain, elle est nommée «clinique» ou «intentionnelle» et consiste à fonder l’analyse sur l’examen approfondi d’un seul cas, en espérant qu’elle arrive à une profondeur telle qu’on pourra alors généraliser. Une autre distinction peut également être faite entre une comparaison fondée sur les contenus des matériaux étudiés et sur les formes. Dans un cas, l’anthropologie correspondrait aux visions du monde, cosmologies et perception des cultures, dans l’autre, elle serait celle de la communication humaine et de ses formes.
Sujet: Approches et thèmes de recherche
Topique: Anthropologie
Libellé: Méthode anthropologiques
Titre: La communication rituelle kuna et le contexte d'énonciation
Durée: 00:14:40   [00:07:57 > 00:22:37]
SEVERI met en avant l’approche intentionnelle, «clinique», c’est-à-dire celle qui va du cas particulier à la généralisation. Le rituel apparaît comme une forme spéciale de la communication humaine ou comme un contexte dans lequel certains aspects de cette communication, habituellement cachés ou implicites, apparaissent en toute clarté. Il n’est pas nécessaire de penser que le contexte rituel est plus complexe que celui de la communication quotidienne avance SEVERI. Bien souvent au contraire, le caractère marquant de la communication rituelle est engendré par une simplification de la situation quotidienne. Chez les kunas, il y a deux grands genres dont l’un, chamanique et qu’on pourrait appeler «mythologie», se manifeste un soir sur deux chez eux à travers les chants. Lorsque le chef kuna prend la parole, c’est-à-dire lorsqu’il investit l’autorité, il le manifeste par une position physique couchée et bloque toute expression possible du visage. Cette fixité du visage efface les effets de contexte, habituellement manifesté par les mimiques qu’on envoie à l’interlocuteur. C’est une ritualisation de la prise de parole obtenue par une simplification, ce qui produit une sorte de surfocalisation sur l’aspect verbal. La communication rituelle est donc obtenue par l’exclusion de certains aspects habituels et par l’hypertrophie (focalisation) d’autres aspects. Ceci produit une discontinuité qui nous ramène vers l’intolérance de la parole spéciale (palabra fuerte) , nommée et reconnue comme telle.
Sujet: Approches et thèmes de recherche
Topique: Anthropologie
Libellé: Communication rituelle kuna
Localisation spatiale du thème: Panamá
Sujet: Pratique religieuse
Topique: Communication rituelle kuna
Détail particulier: Panama
Localisation spatiale du thème: Panamá
Titre: La distinction entre les formes de la communication rituelle et celles de la communication quotidienne
Durée: 00:08:10   [00:22:37 > 00:30:48]
Nous avons au moins trois acteurs : le chamane, le patient et l’interlocuteur invisible qui se situe dans le monde non-humain. Le schéma relationnel d’un chant chamanique, on l’a vu rappelle SEVERI, se fait avec un appel sonore aux esprits animaux mêlé à une histoire. La parole chamanique résout le conflit de façon sublime et idéale à travers sa communication avec ces esprits invisibles, dit-il. Ce sont les modalités de la communication qui font la distinction entre le quotidien et le rituel : le message chamanique s’adresse d’une part aux interlocuteurs humains (qui ne comprennent presque rien) et d’autre part aux non-humains qui sont les vrais locuteurs de cette langue. En résumé, les humains sont présents mais ne comprennent pas alors que les non-humains comprennent mais ne sont pas présents dit SEVERI, et c’est pour cela que le dispositif de l’énonciation est aussi essentiel que le texte. De plus, ce qui caractérise la technique du chamane, c'est la redondance, qui ne concerne pas le contenu de la communication mais la forme de l’énonciation.
Sujet: Pratique religieuse
Topique: Communication rituelle kuna
Détail particulier: Panama
Localisation spatiale du thème: Panamá
Titre: Caroline Humphrey et James Laidlaw «The Archetypal Acts of ritual»
Durée: 00:11:41   [00:30:48 > 00:42:29]
En prenant un exemple dans les rituels pratiqués en Inde, Humphrey et Laidlaw ont montré que les gestes simples d’adoration à une statuette ont, pour les gens, une intention et un sens. Lorsqu’on fait un acte de langage, une promesse par exemple, on choisit la forme de cet acte, explique SEVERI, tandis que le rituel offre de lui-même une forme déterminée. Selon Humphrey et Laidlaw, il y a disjonction entre l’intention de communiquer et la forme de la communication.
Sujet: Personnalités
Topique: Humphrey (Caroline) et Laidlaw (James)
Autre formulation du sujet: Anthropologues
Ouvrage: «The Archetypal Acts of ritual» (Rituels d'Inde)
Titre: Méthode de généralisation à partir d’un travail clinique sur les phénomènes de la nature de l’énonciateur
Durée: 00:16:23   [00:42:29 > 00:58:53]
Comment dans le chamanisme amérindien, l’acte d’énoncé influence-t-il la nature et la représentation sociale de l’énonciateur ? L’enjeu est à nouveau la généralisation à partir d’un cas, commente Carlo SEVERI. A partir du rituel du naven, il s’agit de montrer le rôle crucial de la transformation de l’identité des énonciateurs dans un contexte différent de celui de la vie quotidienne. Si l’on veut faire des comparaisons des systèmes de la mémoire dans l’univers amérindien, il faut chercher une caractéristique structurale du système qui repose sur la relation entre des constantes et des variantes verbales. On devra donc chercher s’il y existe des interlocuteurs implicites, des conjonction, identité ou disjonction entre l’intention communicative et la forme de la communication, ainsi que des phénomènes liés à la définition rituelle de l’énonciateur.
Titre: Une étude collective sur le rituel du naven
Durée: 00:19:14   [00:58:53 > 01:18:08]
La démarche partagée de SEVERI, Humphrey et Laidlaw part d’un refus des typologies. Gregory Bateson s’est intéressé de façon très vive à la complexité d’un cas face à l’inertie de certaines propositions anthropologiques, notamment de type typologique, rappelle SEVERI. Pour sa thèse, il a travaillé sur le rituel du naven. SEVERI, Humphrey et Laidlaw ont décidé de donner un cadre historique au travail de Bateson et de le prolonger. SEVERI pose alors les questions suivantes : en anthropologie, est-il légitime de se baser sur le travail des autres pour avancer ? Peut-on accumuler du savoir ? Peut-on écrire sans avoir été sur le terrain ? Le grand défi de l’anthropologie est aussi de savoir que faire de toutes ces générations de descriptions et de sources, dit SEVERI. L’idée de cette étude collective se proposait donc de collecter et d’analyser les données sur un seul thème, le naven, sur environ 70 ans.
Sujet: Pratique religieuse
Topique: Naven (rituel Iatmul)
Détail particulier: Nouvelle Guinée
Expression en langue originale: Naven
Lors d'une mission chez les Iatmul de Nouvelle-Guinée en 1929, Gregory Bateson assiste à plusieurs scènes étranges durant lesquelles des personnages, bizarrement accoutrés, adoptent des attitudes inhabituelles et miment des épisodes sans rapport avec leur fonction. Chez ces populations, toutes ces actions - étranges scènes de travestissement - sont appelées des naven, des "donner à voir". Aussi bien fondé sur les observations de Bateson que sur des témoignages récents, le livre de Carlo Severi et Michael Houseman cherche à démontrer la cohérence secrète qui fait de ces séquences d'actions un seul rituel. Il associe ainsi la réflexion sur l'histoire de l'anthropologie à la recherche théorique et à l'analyse détaillée d'un cas qui, dans son énigmatique simplicité, échappe encore aux classifications des anthropologues. http://www.editions-msh.fr/livre/?GCOI=27351100527660
Titre: Gregory Bateson et sa thèse «Naven»
Durée: 00:25:01   [01:18:08 > 01:43:09]
La première édition de «Naven» paraît en Angleterre en 1936 et l’accueil des anthropologues de l’époque est plutôt défavorable. La deuxième édition de l’ouvrage en 1958 témoignera aussi de l’isolement de l’œuvre anthropologique de Bateson. SEVERI remarque qu’il existe effectivement un déséquilibre entre les discussions théoriques longuement développées et un traitement parfois hâtif des faits ethnographiques, cependant il déclare aussi que Bateson a le mérite d’avoir essayé de trouver une voie nouvelle. Le livre de Bateson réfute le fonctionnalisme de son temps. Le scepticisme de Bateson vient à la fois de sa réflexion personnelle et de sa formation en épistémologie des sciences mathématiques et logiques (Russell) et de la théorie darwinienne de l’évolution. La démarche de Bateson est celle de choisir à l’intérieur de la société Iatmul de Nouvelle Guinée, un seul rituel, le naven, en pensant que l’explication du rituel sera aussi l’explication du mode de fonctionnement de cette société.
Sujet: Personnalités
Topique: Bateson
Autre formulation du sujet: Anthropologue
Prénom: Gregory
Sujet: Pratique religieuse
Topique: Naven (rituel Iatmul)
Détail particulier: Nouvelle Guinée
Expression en langue originale: Naven
Lors d'une mission chez les Iatmul de Nouvelle-Guinée en 1929, Gregory Bateson assiste à plusieurs scènes étranges durant lesquelles des personnages, bizarrement accoutrés, adoptent des attitudes inhabituelles et miment des épisodes sans rapport avec leur fonction. Chez ces populations, toutes ces actions — étranges scènes de travestissement — sont appelées des naven, des "donner à voir". Aussi bien fondé sur les observations de Bateson que sur des témoignages récents, le livre de Carlo Severi et Michael Houseman cherche à démontrer la cohérence secrète qui fait de ces séquences d'actions un seul rituel. Il associe ainsi la réflexion sur l'histoire de l'anthropologie à la recherche théorique et à l'analyse détaillée d'un cas qui, dans son énigmatique simplicité, échappe encore aux classifications des anthropologues. http://www.editions-msh.fr/livre/?GCOI=27351100527660
Titre: Questions des étudiants
Durée: 00:19:49   [01:43:09 > 02:02:38]
-Systèmes de transformations sur la base d’un seul cas -Position de l’observateur et relation avec les observés -La musique et le sens (retour sur le Ture) -Langage iconique et animaux

8 chapitres.
  • Si l'on regarde l’histoire de l’anthropologie, on constate deux grandes façons de généraliser à partir de l’expérience du terrain, déclare SEVERI. La première, la plus traditionnelle, consiste à récolter des phénomènes de sociétés pour en faire des typologies. C’est une sorte d’accumulation de grande masse de savoir pour ensuite chercher un critère classificatoire. On pourrait appeler cette méthode «extentionnelle» dit SEVERI. La seconde est associée à la recherche sur le terrain, elle est nommée «clinique» ou «intentionnelle» et consiste à fonder l’analyse sur l’examen approfondi d’un seul cas, en espérant qu’elle arrive à une profondeur telle qu’on pourra alors généraliser. Une autre distinction peut également être faite entre une comparaison fondée sur les contenus des matériaux étudiés et sur les formes. Dans un cas, l’anthropologie correspondrait aux visions du monde, cosmologies et perception des cultures, dans l’autre, elle serait celle de la communication humaine et de ses formes.
  • SEVERI met en avant l’approche intentionnelle, «clinique», c’est-à-dire celle qui va du cas particulier à la généralisation. Le rituel apparaît comme une forme spéciale de la communication humaine ou comme un contexte dans lequel certains aspects de cette communication, habituellement cachés ou implicites, apparaissent en toute clarté. Il n’est pas nécessaire de penser que le contexte rituel est plus complexe que celui de la communication quotidienne avance SEVERI. Bien souvent au contraire, le caractère marquant de la communication rituelle est engendré par une simplification de la situation quotidienne. Chez les kunas, il y a deux grands genres dont l’un, chamanique et qu’on pourrait appeler «mythologie», se manifeste un soir sur deux chez eux à travers les chants. Lorsque le chef kuna prend la parole, c’est-à-dire lorsqu’il investit l’autorité, il le manifeste par une position physique couchée et bloque toute expression possible du visage. Cette fixité du visage efface les effets de contexte, habituellement manifesté par les mimiques qu’on envoie à l’interlocuteur. C’est une ritualisation de la prise de parole obtenue par une simplification, ce qui produit une sorte de surfocalisation sur l’aspect verbal. La communication rituelle est donc obtenue par l’exclusion de certains aspects habituels et par l’hypertrophie (focalisation) d’autres aspects. Ceci produit une discontinuité qui nous ramène vers l’intolérance de la parole spéciale (palabra fuerte) , nommée et reconnue comme telle.
  • Nous avons au moins trois acteurs : le chamane, le patient et l’interlocuteur invisible qui se situe dans le monde non-humain. Le schéma relationnel d’un chant chamanique, on l’a vu rappelle SEVERI, se fait avec un appel sonore aux esprits animaux mêlé à une histoire. La parole chamanique résout le conflit de façon sublime et idéale à travers sa communication avec ces esprits invisibles, dit-il. Ce sont les modalités de la communication qui font la distinction entre le quotidien et le rituel : le message chamanique s’adresse d’une part aux interlocuteurs humains (qui ne comprennent presque rien) et d’autre part aux non-humains qui sont les vrais locuteurs de cette langue. En résumé, les humains sont présents mais ne comprennent pas alors que les non-humains comprennent mais ne sont pas présents dit SEVERI, et c’est pour cela que le dispositif de l’énonciation est aussi essentiel que le texte. De plus, ce qui caractérise la technique du chamane, c'est la redondance, qui ne concerne pas le contenu de la communication mais la forme de l’énonciation.
  • En prenant un exemple dans les rituels pratiqués en Inde, Humphrey et Laidlaw ont montré que les gestes simples d’adoration à une statuette ont, pour les gens, une intention et un sens. Lorsqu’on fait un acte de langage, une promesse par exemple, on choisit la forme de cet acte, explique SEVERI, tandis que le rituel offre de lui-même une forme déterminée. Selon Humphrey et Laidlaw, il y a disjonction entre l’intention de communiquer et la forme de la communication.
  • Comment dans le chamanisme amérindien, l’acte d’énoncé influence-t-il la nature et la représentation sociale de l’énonciateur ? L’enjeu est à nouveau la généralisation à partir d’un cas, commente Carlo SEVERI. A partir du rituel du naven, il s’agit de montrer le rôle crucial de la transformation de l’identité des énonciateurs dans un contexte différent de celui de la vie quotidienne. Si l’on veut faire des comparaisons des systèmes de la mémoire dans l’univers amérindien, il faut chercher une caractéristique structurale du système qui repose sur la relation entre des constantes et des variantes verbales. On devra donc chercher s’il y existe des interlocuteurs implicites, des conjonction, identité ou disjonction entre l’intention communicative et la forme de la communication, ainsi que des phénomènes liés à la définition rituelle de l’énonciateur.
  • La démarche partagée de SEVERI, Humphrey et Laidlaw part d’un refus des typologies. Gregory Bateson s’est intéressé de façon très vive à la complexité d’un cas face à l’inertie de certaines propositions anthropologiques, notamment de type typologique, rappelle SEVERI. Pour sa thèse, il a travaillé sur le rituel du naven. SEVERI, Humphrey et Laidlaw ont décidé de donner un cadre historique au travail de Bateson et de le prolonger. SEVERI pose alors les questions suivantes : en anthropologie, est-il légitime de se baser sur le travail des autres pour avancer ? Peut-on accumuler du savoir ? Peut-on écrire sans avoir été sur le terrain ? Le grand défi de l’anthropologie est aussi de savoir que faire de toutes ces générations de descriptions et de sources, dit SEVERI. L’idée de cette étude collective se proposait donc de collecter et d’analyser les données sur un seul thème, le naven, sur environ 70 ans.
  • La première édition de «Naven» paraît en Angleterre en 1936 et l’accueil des anthropologues de l’époque est plutôt défavorable. La deuxième édition de l’ouvrage en 1958 témoignera aussi de l’isolement de l’œuvre anthropologique de Bateson. SEVERI remarque qu’il existe effectivement un déséquilibre entre les discussions théoriques longuement développées et un traitement parfois hâtif des faits ethnographiques, cependant il déclare aussi que Bateson a le mérite d’avoir essayé de trouver une voie nouvelle. Le livre de Bateson réfute le fonctionnalisme de son temps. Le scepticisme de Bateson vient à la fois de sa réflexion personnelle et de sa formation en épistémologie des sciences mathématiques et logiques (Russell) et de la théorie darwinienne de l’évolution. La démarche de Bateson est celle de choisir à l’intérieur de la société Iatmul de Nouvelle Guinée, un seul rituel, le naven, en pensant que l’explication du rituel sera aussi l’explication du mode de fonctionnement de cette société.
Titre: Séance 6- Méthodes anthropologiques et étude du "Naven" de Gregory Bateson
Sous-titre: Anthropologie comparée des arts de la mémoire
Auteur(s): Carlo SEVERI
Durée: 02:02:38
Date de réalisation: 04/04/2005
Lieu de réalisation: EHESS, Paris, France
Genre: Extrait d'une enquête ethnographique filmée
Langue(s): Français
Lors de cette 6e séance du séminaire sur l'anthropologie comparée des arts de la mémoire, Carlo SEVERI consacre la première partie à des rappels méthodologiques sur les démarches scientifiques de l'anthropologie. Mettant en avant l'approche clinique pour étudier la communication rituelle chez les kunas (Panama), il précise son exposé en s'attachant à la différentiation entre la communication rituelle et la communication quotidienne. Dans la deuxième partie de son intervention, il présente un travail qu'il a effectué avec les anthropologues Caroline Humphrey et James Laidlaw à partir de la thèse de Gregory Bateson "Naven" sur le rituel des Iatmuls de Nouvelle Guinée.
Sujet: Approches et thèmes de recherche
Topique: Anthropologie
Sujet: Médecine traditionnelle
Topique: Chamanisme kuna
Localisation spatiale du thème: Panamá
Sujet: Pratique religieuse
Topique: Naven
Détail particulier: Iatmul - Nouvelle Guinée
Sujet: Pays
Topique: Panamá
Type: Sites web
Auteur: Carlo Severi
Url: http://carloseveri.net/
Carlo Severi est directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales et directeur de recherche au CNRS. Membre du laboratoire d’anthropologie sociale du Collège de France depuis 1985, il a travaillé d’abord sur la tradition chamanique des Indiens Kuna du Panama, en étudiant d’une part les théories indigènes de la maladie mentale et d’autre part les modalités de transmission du savoir chamanique. Il a ensuite développé une analyse comparative des arts de la mémoire, et formulé, avec M.Houseman, une théorie du rituel, fondée sur l’analyse relationnelle des actions. Il travaille actuellement sur les formes de subjectivité (définies par l’action, la parole et le regard) attribuées aux artefacts. Il a été Visiting Scholar au King’s College de l’université de Cambridge (1990), Getty Scholarauprès du Getty Institute for the History of Art and the Humanities de Los Angeles (1994-1995) et Fellow du Wissenschaftskolleg zu Berlin (2002-2003). Il a notamment publié La memoria rituale (La Nuova Italia, 1993 ; trad. esp. Abya Yala Ediciones, 1996 ), Naven ou le donner à voir (avec M. Houseman, Ed. du CNRS-Éditions de la M S H, 1994 ; éd. angl. Brill, 1998, 2éme éd. 2010), et Le Principe de la chimère – Une anthropologie de la mémoire, Ed.Rue d’Ulm-Musée du Quai Branly, paru en 2007(éd. it. Il Percorso e la voce, Turin, Einaudi 2004; éd. latino-américaine, El Sendero y la Voz, Buenos Aires, SB Ediciones, 2009). En 2003, il a dirigé le numéro spécial de L’Homme consacré à Image et anthropologie ; en 2009, avec Giovanni Careri, François Lissarragues et Jean-Claude Schmitt, le livre Traditions et temporalités des images ; en 2010, avec Julien Bonhomme, le Cahier d’anthropologie sociale consacré aux Paroles en actes ; en 2011, un cahier de Gradhiva réunissant un ensemble d’études sur l’ambiguïté visuelle (Pièges à voir, pièges à penser).
Type: Portails web
Auteur: Carlo SEVERI et Michael HOUSEMAN
Url: http://www.editions-msh.fr/livre/?GCOI=27351100527660
Lors d'une mission chez les Iatmul de Nouvelle-Guinée en 1929, Gregory Bateson assiste à plusieurs scènes étranges durant lesquelles des personnages, bizarrement accoutrés, adoptent des attitudes inhabituelles et miment des épisodes sans rapport avec leur fonction. Chez ces populations, toutes ces actions — étranges scènes de travestissement — sont appelées des naven, des "donner à voir". Aussi bien fondé sur les observations de Bateson que sur des témoignages récents, le livre cherche à démontrer la cohérence secrète qui fait de ces séquences d'actions un seul rituel. Il associe ainsi la réflexion sur l'histoire de l'anthropologie à la recherche théorique et à l'analyse détaillée d'un cas qui, dans son énigmatique simplicité, échappe encore aux classifications des anthropologues.
Type: Contexte "Recherche"
Public cible: Pour spécialistes
Anthropologues, ethnologues, linguistes
Carlo SEVERI. Séminaire d'anthropologie comparée sur les arts de la mémoire - 6e séance : "Méthodes anthropologiques et étude du "Naven" de Gregory Bateson, 2005.
Type: Droit d'auteur relatif à la réalisation du document source
Le réalisateur de cette ressource audiovisuelle est l'ESCoM (Equipe Sémiotique Cognitive et Nouveaux Médias) à la FMSH (Fondation Maison des Sciences de l'Homme) , Paris, 2005.
Type: Droit d'auteur relatif au contenu du document source
L'auteur de cette ressource audiovisuelle est Carlo SEVERI (EHESS, Paris, 2005).
Type: Régime général "Creative Commons" relatifs au document source
"Cette ressource audiovisuelle est protégée par le régime "Creative Commons". Vous êtes libres de la reproduire, distribuer et communiquer au public. Mais vous devez impérativement signaler sa paternité (son ou ses auteurs), vous n'avez pas le droit de la modifier ni d'en faire un usage commercial. Lecture, diffusion et exploitation concrète de cette ressource audiovisuelle présuppose que vous ayez accepté les règles juridiques Creative Commons décrites dans la page http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/" Veuillez, ensuite, créer 1/ le lien : http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr et 2/ l'intitulé "Creative Commons - Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France" (via la boîte "Liens")
Titre: Analyse de la 6e séance du séminaire de Carlo SEVERI : "Méthodes anthropologiques et étude du "Naven" de Gregory Bateson
Sous-titre: Anthropologie comparée des arts de la mémoire
Langue(s): Français
Type: Analyse plus détaillé
Comment citer: PAPINO, Manuela. Analyse de la 6e séance du séminaire de Carlo SEVERI d'anthropologie comparée sur les arts de la mémoire , 2012.
Id analyse: 664f790b-3331-4b1c-83d8-6b59e5cb673a
Id vidéo: ffc9702a-808f-443b-bd42-e4bd4a7c27be
Cette 6e intervention de Carlo SEVERI dans son séminaire d'anthropologie comparée sur les arts de la mémoire est basée essentiellement sur le rappel des différentes démarches anthropologiques existantes et sur la présentation de son travail avec les anthropologues Humphrey et Laidlaw sur le rituel iatmul, naven, de Nouvelle Guinée. Quelques digressions sur la communication rituelle kuna sont cependant effectuées durant ces deux heures. Il sera intéressant de se référer aux autres séances du séminaire pour avoir une vision complète du sujet.