L'univers des indiens huarpes de Guanacache . Gregorio MANZUR

Chapitre

Titre: Gregorio Manzur, la découverte de ses voisins huarpes et de leurs terres
Durée: 00:11:01   [00:00:00 > 00:11:01]
Genre: Entretien filmé
Gregorio MANZUR est né dans un village de Mendoza, avoisinant le territoire de Guanacache. Là-bas, la canalisation des eaux de la montagne de Mendoza conditionne la vie et l’agriculture, évitant que la région ne devienne définitivement le «pays des dunes». La señora Francisca, indienne huarpe aux cheveux gris, cultivait la ruta (graveolens) dont les infusions évitaient de «devenir idiot». Gregorio Manzur raconte comment cette vieille indienne lui a appris, petit garçon, à faire du feu et à le respecter. Par la suite, Manzur raconte comment il découvre Agni, le Dieu du feu en Inde, ce qui le pousse à faire le lien entre les populations précolombiennes et les traditions des pays asiatiques comme la Chine, le Japon ou la Mongolie. Ses premières excursions sont guidées par un grand écrivain de Mendoza, Juan Draghi Lucero, qui lui fait découvrir l’importance de cette civilisation huarpe. Manzur déclare effectivement ici que les huarpe sont aussi importants que d'autres civilisations plus connues, Inca, Mapuche ou Aztèque par exemple. Pour finir, il parle de la puissance tellurique de la terre et de l'immensité du "vertige horizontal" de l'espace, comme le nommait Borgès.
Sujet: Figure de vénération
Topique: Agni
Détail particulier: Hindouhisme
Autre formulation du sujet: Seigneur du feu sacrificiel et du foyer
Mots-clés: devanagari; védisme
Sujet: Les peuples aborigènes
Topique: Huarpe
Localisation spatiale du thème: Argentine
Sujet: Médecine traditionnelle
Topique: Ruta graveolens
Autre formulation du sujet: Rue fétide; Rue des jardins; Herbe de grâce
Localisation spatiale du thème: Argentine
Langue: Español
Type: Traductions-adaptations
"Guanacache, las aguas de la sed" Gregorio Manzur "Una población indígena, los Huarpes, vivía en el Piedemonte mendocino. Su hábitat eran las lagunas de Guanacache que cubrían miles de hectáreas, alimentadas por las aguas de deshielo de la cordillera de Los Andes. Se nutrían de pescado, de aves acuáticas, de avestruces, guanacos, frutos del algarrobo, etc. Eran ceramistas, fabricaban sus canoas de totora y comerciaban con los Mapuches, venidos del Sur y con los Incas, que bajaban del Norte".
Titre: L’ancienne lagune huarpe du piémont de Mendoza et l’adaptation des populations, de la faune et de la flore à la transformation venue des différentes colonisations et immigrations
Durée: 00:11:51   [00:11:01 > 00:22:52]
Les indiens huarpes sont victimes d'une catastrophe culturelle, sociale, économique et écologique que G. MANZUR raconte en détail. Le piémont de Mendoza appartient à la zone aride et sèche, mais autrefois elle était une lagune dans laquelle abondaient la faune et la flore aquatiques. Le livre de voyage des spécialistes envoyés depuis Buenos Aires par le vice-roi du Río de la Plata Loreto,, raconte le recensement quotidien de cette zone lacustre. On y trouve par exemple la technique huarpe pour se protéger des moustiques, que Manzur relate ici. Il explique également comment les colonisations et en particulier la première, chilienne, appliqua l’ «encomienda» : une loi qui consistait à offrir un lot d’indiens qui allaient extraire de l’or et de l’argent pour les conquistadores, dans la Cordillère des Andes. Ce travail éprouvant provoquait une grande mortalité et il fallut bientôt ramener des européens (principalement espagnols) pour repeupler la région. Ce métissage constitue la population actuelle. L’Argentine a organisée une immigration planifiée depuis l’Europe vers 1850 puis massivement au début du XXème siècle. Les survivants ont du mal à s’adapter aux transformations engendrées car la zone est devenue aride, ils ne peuvent donc plus cultiver. Ils vivent aujourd’hui de l’élevage des chèvres, des junquillos (panniers en joncs), et n’ont quasiment plus de services sanitaires ni de transports en commun, expose Gregorio MANZUR.
Sujet: Immigration et colonisation
Topique: Encomienda (Argentine)
Localisation spatiale du thème: Argentine
Localisation temporelle du thème: XVe siècle ap. J.-C.
Sujet: Communes
Topique: Les lagunes de Guanacache
Détail particulier: Mendoza (Argentine)
Pays: Argentine
Sujet: Immigration et colonisation
Topique: Vice-royauté du Río de la Plata
Mots-clés: Charles III d'Espagne; Pedro de Cevallos
Localisation spatiale du thème: Argentine
Localisation temporelle du thème: 1776
Langue: Español
Type: Traductions-adaptations
"Guanacache, las aguas de la sed"Gregorio Manzur "A la llegada de los españoles en el siglo XVI, venidos de Chile, fueron sometidos a la Encomienda, sistema que autorizaba el reparto de Indios entre los Conquistadores. Los hombres son enviados a las minas de oro y plata de la cordillera. Casi la totalidad morirá de fatiga, de malos tratos, de hambre. En su ausencia se desarrollará el clásico mestizaje hispano-indígena. En la actualidad la población cuenta con una cierta cantidad de Huarpes y, mayormente, de mestizos. A mediados del siglo XIX, la Argentina comienza a recibir un gran contingente de inmigrantes venidos principalmente de Europa. Entre ellos llegan agricultores que desarrollan el agro y la vitivinicultura, así como la cría de ganado. Dado que las lluvias son escasas en la región, las aguas del río Mendoza que alimentan los lagos son desviadas para satisfacer las necesidades de las nuevas industrias, produciendo el lento secado de las Lagunas. Actualmente, la región es llamada Desierto, a pesar de la existencia de muchos árboles y arbustos que han sabido adaptarse a la sequía".
Titre: Une véritable communauté qui vit pourtant dans l’isolement et le silence
Durée: 00:04:04   [00:22:52 > 00:26:57]
Les familles vivent dans des fermes isolées, ce qui n’empêche cependant pas la communication entre eux. Comme il n’y a pas de pollution sonore, ils reconnaissent tous les sons et sont capables de les identifier depuis des distances très grandes. Gregorio Manzur précise que le bruit que génère quelqu'un d'étranger à ce mode de vie est donc pour eux une véritable invasion sonore car ils vivent dans le silence de la nature et dans l’isolement physique. Gregorio MANZUR explique également ici que son neveu est le parrain de la fille d’un guérisseur et qu’il fait donc partie de la communauté, ce qui a permis à MANZUR d’entrer en contact avec eux et d'être accepté.
Sujet: Les peuples aborigènes
Topique: Huarpe
Localisation spatiale du thème: Argentine
Langue: Español
Type: Traductions-adaptations
"Guanacache, las aguas de la sed" Gregorio Manzur "La zona tiene la fuerza del puma, la picadura de la víbora candado. El silencio de la duna agarra como mirada de halcón, o nos hunde el alma, frente al recato del lechuzo. No se va en vano al Desierto. “Allí no hay nada”, he oído decir. Lo que hay es el alma de los Puesteros, que luego de tantos años de penurias, saben tenerse de pie, erguidos en su obstinado subsistir, decididos a durar “un añito más”. Y en esa lucha se hallan presencias que esquivan el bulto a aquellos que se allegan a curiosear. Los misterios del Lagunero son cautelosos como el viento en los chañares ; se ha de estar alerta para oírlo. Oír sin oídos, quiero decir. El corazón del Lagunero se hace un puño cuando el pajuerano golpea a sus puertas sin pedir permiso".
Titre: Une faune dangereuse: les serpents, le fameux matuasto, le puma et le renard
Durée: 00:13:50   [00:26:57 > 00:40:47]
L'univers des huarpes est un monde qui n'est pas exempte de dangers. Gregorio MANZUR parlent des 3 serpents et du matuasto, qui a deux aspects dont un caractère mythique qui le convertit en dragon venimeux. Si le matuasto mord un cheval, il le tue, avec une sorte de décharge électrique mortelle. Gregorio MANZUR raconte les histoires des pumas affamés qui descendent attaquer les chèvres, ainsi que celles des renards qui viennent manger les petits lorsque les mères mettent bas. Il continue en expliquant que pour les huarpes, les renards sont liés au diable et que c'est pour cela qu'ils ne doivent pas les tuer.
Sujet: Mise en valeur de l'environnement
Topique: Guanaco
Détail particulier: Lama
Autre formulation du sujet: Lama guanicoe
Langue d'origine: Español
Expression en langue originale: Guanaco (wanaku en quechua)
Localisation spatiale du thème: Argentine
Lorsque les européens arrivèrent en Amérique du Sud, ils estimèrent qu'il y avait environ 500 000 spécimen sur le territoire. La chasse excessive (pour leur viande, leur peau et leur laine) et la déterrioration de leur habitat fait du guanaco aujourd'hui une espèce en danger. Dans la province de Mendoza, la chasse est aujourd'hui interdite.
Sujet: Mise en valeur de l'environnement
Topique: Matuasto
Détail particulier: Lézard iguane
Autre formulation du sujet: Phymaturus
Langue d'origine: Español
Localisation spatiale du thème: Argentine
Vivant dans les endroits rocailleux en Patagonie, et de part et d'autre de la Cordillère des Andes, le Matuasto est vivipare et herbivore.
Sujet: Mise en valeur de l'environnement
Topique: Yarara
Détail particulier: Serpent
Autre formulation du sujet: Bothrops alternatus
Mots-clés: Vibora de la cruz; Bothrops alternatus
Langue d'origine: Español
Libellé: Bothrops alternatus
Détail particulier: serpent
Localisation spatiale du thème: Argentine
Egalement appelée vipère de la croix (vibora de la cruz) en Argentine, le yarara est une espèce de serpent venimeux de la famille des Crotalinae. On dit qu'elle peut atteindre 2 mètre de long et 8 à 12 cm de diamètre. On le retrouve au Brésil, au Paraguay, en Uruguay et dans le nord de l'Argentine.
Langue: Español
Type: Traductions-adaptations
"Guanacache, las aguas de la sed" Gregorio Manzur "Otro peligro es la presencia de animales venenosos, tales como la serpiente Yarará, la víbora Cascabel, la Coral y el temido Matuasto, lagarto cuya mordedura “es mortal pa hombres y animales”. Debido a la caza intensiva de guanacos, avestruces y otros animales de la montaña, los pumas bajan hasta las Lagunas, causando estragos en los rebaños".
Titre: Les eaux de la soif
Durée: 00:04:08   [00:40:47 > 00:44:56]
L'habitat des huarpes était les grands lacs de Guanacache qui couvraient une superficie de 60 000 hectares, alimentés par les eaux de dégel de la cordillère des Andes. Aujourd'hui tout a changé. Dans ce passage, Gregorio MANZUR parle du "pozo balde": le puit traditionnel en forme de spirale, de 10 ou 15m de profondeur, qui est aussi un chemin pour que les chèvres et les mules aillent boire. . Il explique comment ils filtrent l’eau dans un filtre en terre cuite qu’ils fabriquent avec des copeaux de bois produit par des fourmis et de l’argile cuite.
Sujet: Environnements dégradés
Topique: Désertification de la lagune du piémont de Mendoza (Guanacache)
Détail particulier: Argentine; catastrophe écologique pour les indiens Huarpes
Détail particulier: Mendoza (Argentine)
Localisation spatiale du thème: Argentine
Langue: Español
Type: Traductions-adaptations
"Guanacache, las aguas de la sed" Gregorio Manzur "A esto se suma la falta de agua potable -a pesar de los reiterados intentos por hacer perforaciones. Los Puesteros se resignan entonces a cavar pozos a pico y pala (pozo balde) para acceder a las napas freáticas, halladas a veces a diez o quince metros de profundidad. Los servicios sanitarios son prácticamente inexistentes, lo que hace que las personas gravemente enfermas no tengan ni tiempo ni medios de ser sanadas. Los puestos se hallan a veces a 10 o 20 kilómetros de distancia los unos de los otros y las fiestas patronales, que tienen lugar varias veces al año, facilitan los encuentros. La periódica llegada de las aguas, que llena en parte los viejos lagos, en vez de ser benéfica, produce a menudo catástrofes. Los animales entran en las aguadas para beber, pero al cesar el flujo la tierra se hace barrosa y mueren en el fango, mientras que miles de peces sucumben boqueando".
Titre: La beauté du paysage, l'hospitalité et l'intensité du silence
Durée: 00:04:58   [00:44:56 > 00:49:55]
Langue: Español
Type: Traductions-adaptations
"Guanacache, les eaux de la soif" Gregorio Manzur "La zona tiene la fuerza del puma, la picadura de la víbora candado. El silencio de la duna agarra como mirada de halcón, o nos hunde el alma, frente al recato del lechuzo. No se va en vano al Desierto. “Allí no hay nada”, he oído decir. Lo que hay es el alma de los Puesteros, que luego de tantos años de penurias, saben tenerse de pie, erguidos en su obstinado subsistir, decididos a durar “un añito más”. Y en esa lucha se hallan presencias que esquivan el bulto a aquellos que se allegan a curiosear. Los misterios del Lagunero son cautelosos como el viento en los chañares ; se ha de estar alerta para oírlo. Oír sin oídos, quiero decir. El corazón del Lagunero se hace un puño cuando el pajuerano golpea a sus puertas sin pedir permiso".
Titre: Ruben le guérisseur, chanteur/ El mocito (le diable) et les « salamancas » (fêtes rituels diaboliques)/ Don Heredia le sourcier et son voyage avec le diable/ le «griton» qui veut vous arracher la langue
Durée: 00:24:25   [00:49:55 > 01:14:20]
Gregorio MANZUR livre un témoignage personnel tout en faisant le tour des récits et croyances sur le diable: El mocito. Il parle des mythes, des rites et des fêtes chez les huarpes autour de la figure de celui qui parfois s'appelle El caballero, parfois El señorito, souvent El mocito: une symbiose entre une divinité tellurique et le diable chrétien, dit MANZUR, celui qui manipule les forces négatives et les forces du Bien.
Sujet: Médecine traditionnelle
Topique: Chamanisme huarpe (Diables et guérisseurs)
Localisation spatiale du thème: Argentine
Sujet: Culture religieuse et croyance populaire
Topique: Le Diable, le Griton et les Salamancas chez les Huarpes
Détail particulier: Argentine
Localisation spatiale du thème: Argentine
Langue: Español
Type: Traductions-adaptations
"Guanacache, las aguas de la sed" Gregorio Manzur "Son los Puesteros quienes me han contado historias maravillosas, tales como el “Gritón”, un alma en pena que grita por las noches, o aquella de las Salamancas, bacanales que organiza el Diablo en medio de los campos. O la ceremonia de la lluvia : los gauchos bailan durante noches y días en honor a San Vicente, patrón de la nubes, a fin de que haga llover".
Titre: Le religieux et le païen cohabitent dans les fêtes
Durée: 00:11:48   [01:14:20 > 01:26:08]
Pendant la fête de «San José artesano», sur la montagne, «au ciel», le prêtre marie, baptise, et pratique des cérémonies catholiques traditionnelles orthodoxes. En bas, «c’est l’enfer» dit Gregorio MANZUR, il y a de petites bodegas où l’on boit du vin et de la bière pendant qu’on chante, qu’on joue et qu’on danse et encore plus profond, «au fond de l’enfer» précise-t-il, «il y a des dames». Pendant trois jours sans interruption, on boit, on mange et on fait la fête : c’est l’occasion de se rencontrer et de vivre ensemble. La Vierge Marie est la propriétaire de la Terre, on la sort lors de procession car elle doit être en contact avec les hommes qu’elle protège. Leur ancienne religion a été interdite, ils ont donc crée un synchrétisme en accordant à la Vierge Marie les qualités de leurs anciennes divinités. La Vierge est la protectrice et on lui voue une véritable dévotion, d’ailleurs le diable ne se mêle pas des affaires de la Vierge, il a son monde à lui.
Sujet: Vie culturelle
Topique: Culture du sacré
Fait culturel: Culture du profane
Fait culturel: Culture de fête
Localisation spatiale du thème: Argentine
Sujet: Culture religieuse et croyance populaire
Topique: Fêtes religieuses et païennes chez les Huarpes
Détail particulier: Argentine
Localisation spatiale du thème: Argentine
Langue: Español
Type: Traductions-adaptations
"Guanacache, las aguas de la sed" Gregorio Manzur "El Ave María, Santos Guallama, la Chapanay, el Dientes de Oro, son pilares de una identidad tejida con sudor y sufrimiento ; son cauterios para una herida trazada hace muchos siglos, cuando vinieron los Encomendados para anunciarles la Buena Nueva. Redención que los convirtió en súbditos de un lejano monarca y amanuenses de un cercano patrón. Junto con el abandono de la antigua espiritualidad, la nueva religión les dio a la Virgen María, que aún hoy los cubre con su manto. Muchos cayeron en la transición. Cientos de familias quedaron quebradas al partir el padre o el hijo hacia las minas ; viéndoles desgajarse el lomo bajo las cargas de los recién llegados. Varios Laguneros más, por no decir la mayoría, dejaron sus antiguos lares, donde campeaban sus dioses, sus demonios, para irse, atadas las manos con cadenas, a servir en feudos chilenos, a sufrir en silencio el fogón perdido, el amor “botao” y hallar a su alrededor rostros ávidos que sólo querían la rentabilidad de sus brazos".
Titre: Les "puesteros" (éleveurs de chèvres)
Durée: 00:05:11   [01:26:08 > 01:31:20]
Le troupeau est leur plus grande source de revenu. La transhumance des chèvres est une merveille dit MANZUR: les chèvres savent si le vent va souffler, s’il va pleuvoir et où elles doivent aller. Ce sont donc les hommes qui suivent les chèvres.
Sujet: Environnements dégradés
Topique: Puesteros (éleveurs de chèvres)
Détail particulier: Argentine - huarpe
Localisation spatiale du thème: Argentine
Langue: Español
Type: Traductions-adaptations
"Guanacache, las aguas de la sed", Gregorio Manzur "Los habitantes en su gran mayoría son Puesteros, es decir, criadores de cabras. Las vías de acceso son muy difíciles dado que lluvias esporádicas, muy violentas, destruyen los caminos, sumadas a crecientes intempestivas del río Mendoza que traza canales enormes cortando los caminos, destruyendo las casas y aislando a los habitantes. También azota el Zonda, viento frío que nace en el océano Pacífico, descarga su humedad al cruzar la cordillera y se vuelve cálido y polvoriento en Mendoza ; crea luego una zona de baja presión atrayendo un viento helado que viene del sur. Otro peligro es la presencia de animales venenosos, tales como la serpiente Yarará, la víbora Cascabel, la Coral y el temido Matuasto, lagarto cuya mordedura “es mortal pa hombres y animales”. Debido a la caza intensiva de guanacos, avestruces y otros animales de la montaña, los pumas bajan hasta las Lagunas, causando estragos en los rebaños".
Titre: Les huarpes vont disparaître petit à petit
Durée: 00:08:57   [01:31:20 > 01:39:02]
Il y a une école mais l’instruction est très limitée. Les enfants vont travailler en ville, là-bas, , ils découvrent d’autres attractions, celles de la civilisation, et c’est ainsi que la tradition se perd. Cet univers magique d’autrefois disparaît depuis l’arrivée de la télévision qui les cloue devant le poste, ce qui les sauvent encore pour l’instant, c’est que cette zone est encore difficile d’accès, mais dès qu’il y aura une route, dit Gregorio MANZUR, ce sera la fin de cette civilisation. Gregorio Manzur termine cet entretien en parlant de l'alimentation des huarpes qui se résume à la viande de chèvre, la chasse du tatou (Quirquichu) et l'échange de légumes contre des chèvres.
Sujet: Les peuples aborigènes
Topique: Huarpe
Localisation spatiale du thème: Argentine
Langue: Español
Type: Traductions-adaptations
"Guanacache, las aguas de la sed" Gregorio Manzur "Con este libro quisiera dejar un testimonio de este pueblo pacífico, que vivía en buenas relaciones con sus vecinos y que fue arrasado por la tormenta de la “Conquista”. Lo que ellos me relatan constituye un documento de un mundo hundido en el tiempo y que puede desaparecer de un momento a otro. Las confidencias que contienen estas páginas son excepcionales, dado el recato, el pudor y el carácter reservado de los habitantes. Si ellos aceptaron hablarme de sus vidas, de sus creencias más íntimas, es porque yo nací donde ellos nacieron, hablo su lengua y amo la tierra que ellos veneran".

10 chapitres.
  • Entretien filmé. Gregorio MANZUR est né dans un village de Mendoza, avoisinant le territoire de Guanacache. Là-bas, la canalisation des eaux de la montagne de Mendoza conditionne la vie et l’agriculture, évitant que la région ne devienne définitivement le «pays des dunes». La señora Francisca, indienne huarpe aux cheveux gris, cultivait la ruta (graveolens) dont les infusions évitaient de «devenir idiot». Gregorio Manzur raconte comment cette vieille indienne lui a appris, petit garçon, à faire du feu et à le respecter. Par la suite, Manzur raconte comment il découvre Agni, le Dieu du feu en Inde, ce qui le pousse à faire le lien entre les populations précolombiennes et les traditions des pays asiatiques comme la Chine, le Japon ou la Mongolie. Ses premières excursions sont guidées par un grand écrivain de Mendoza, Juan Draghi Lucero, qui lui fait découvrir l’importance de cette civilisation huarpe. Manzur déclare effectivement ici que les huarpe sont aussi importants que d'autres civilisations plus connues, Inca, Mapuche ou Aztèque par exemple. Pour finir, il parle de la puissance tellurique de la terre et de l'immensité du "vertige horizontal" de l'espace, comme le nommait Borgès.
  • Les indiens huarpes sont victimes d'une catastrophe culturelle, sociale, économique et écologique que G. MANZUR raconte en détail. Le piémont de Mendoza appartient à la zone aride et sèche, mais autrefois elle était une lagune dans laquelle abondaient la faune et la flore aquatiques. Le livre de voyage des spécialistes envoyés depuis Buenos Aires par le vice-roi du Río de la Plata Loreto,, raconte le recensement quotidien de cette zone lacustre. On y trouve par exemple la technique huarpe pour se protéger des moustiques, que Manzur relate ici. Il explique également comment les colonisations et en particulier la première, chilienne, appliqua l’ «encomienda» : une loi qui consistait à offrir un lot d’indiens qui allaient extraire de l’or et de l’argent pour les conquistadores, dans la Cordillère des Andes. Ce travail éprouvant provoquait une grande mortalité et il fallut bientôt ramener des européens (principalement espagnols) pour repeupler la région. Ce métissage constitue la population actuelle. L’Argentine a organisée une immigration planifiée depuis l’Europe vers 1850 puis massivement au début du XXème siècle. Les survivants ont du mal à s’adapter aux transformations engendrées car la zone est devenue aride, ils ne peuvent donc plus cultiver. Ils vivent aujourd’hui de l’élevage des chèvres, des junquillos (panniers en joncs), et n’ont quasiment plus de services sanitaires ni de transports en commun, expose Gregorio MANZUR.
  • Les familles vivent dans des fermes isolées, ce qui n’empêche cependant pas la communication entre eux. Comme il n’y a pas de pollution sonore, ils reconnaissent tous les sons et sont capables de les identifier depuis des distances très grandes. Gregorio Manzur précise que le bruit que génère quelqu'un d'étranger à ce mode de vie est donc pour eux une véritable invasion sonore car ils vivent dans le silence de la nature et dans l’isolement physique. Gregorio MANZUR explique également ici que son neveu est le parrain de la fille d’un guérisseur et qu’il fait donc partie de la communauté, ce qui a permis à MANZUR d’entrer en contact avec eux et d'être accepté.
  • L'univers des huarpes est un monde qui n'est pas exempte de dangers. Gregorio MANZUR parlent des 3 serpents et du matuasto, qui a deux aspects dont un caractère mythique qui le convertit en dragon venimeux. Si le matuasto mord un cheval, il le tue, avec une sorte de décharge électrique mortelle. Gregorio MANZUR raconte les histoires des pumas affamés qui descendent attaquer les chèvres, ainsi que celles des renards qui viennent manger les petits lorsque les mères mettent bas. Il continue en expliquant que pour les huarpes, les renards sont liés au diable et que c'est pour cela qu'ils ne doivent pas les tuer.
  • L'habitat des huarpes était les grands lacs de Guanacache qui couvraient une superficie de 60 000 hectares, alimentés par les eaux de dégel de la cordillère des Andes. Aujourd'hui tout a changé. Dans ce passage, Gregorio MANZUR parle du "pozo balde": le puit traditionnel en forme de spirale, de 10 ou 15m de profondeur, qui est aussi un chemin pour que les chèvres et les mules aillent boire. . Il explique comment ils filtrent l’eau dans un filtre en terre cuite qu’ils fabriquent avec des copeaux de bois produit par des fourmis et de l’argile cuite.
  • Gregorio MANZUR livre un témoignage personnel tout en faisant le tour des récits et croyances sur le diable: El mocito. Il parle des mythes, des rites et des fêtes chez les huarpes autour de la figure de celui qui parfois s'appelle El caballero, parfois El señorito, souvent El mocito: une symbiose entre une divinité tellurique et le diable chrétien, dit MANZUR, celui qui manipule les forces négatives et les forces du Bien.
  • Pendant la fête de «San José artesano», sur la montagne, «au ciel», le prêtre marie, baptise, et pratique des cérémonies catholiques traditionnelles orthodoxes. En bas, «c’est l’enfer» dit Gregorio MANZUR, il y a de petites bodegas où l’on boit du vin et de la bière pendant qu’on chante, qu’on joue et qu’on danse et encore plus profond, «au fond de l’enfer» précise-t-il, «il y a des dames». Pendant trois jours sans interruption, on boit, on mange et on fait la fête : c’est l’occasion de se rencontrer et de vivre ensemble. La Vierge Marie est la propriétaire de la Terre, on la sort lors de procession car elle doit être en contact avec les hommes qu’elle protège. Leur ancienne religion a été interdite, ils ont donc crée un synchrétisme en accordant à la Vierge Marie les qualités de leurs anciennes divinités. La Vierge est la protectrice et on lui voue une véritable dévotion, d’ailleurs le diable ne se mêle pas des affaires de la Vierge, il a son monde à lui.
  • Il y a une école mais l’instruction est très limitée. Les enfants vont travailler en ville, là-bas, , ils découvrent d’autres attractions, celles de la civilisation, et c’est ainsi que la tradition se perd. Cet univers magique d’autrefois disparaît depuis l’arrivée de la télévision qui les cloue devant le poste, ce qui les sauvent encore pour l’instant, c’est que cette zone est encore difficile d’accès, mais dès qu’il y aura une route, dit Gregorio MANZUR, ce sera la fin de cette civilisation. Gregorio Manzur termine cet entretien en parlant de l'alimentation des huarpes qui se résume à la viande de chèvre, la chasse du tatou (Quirquichu) et l'échange de légumes contre des chèvres.
Titre: L'univers des indiens huarpes de Guanacache
Sous-titre: Disparition d'une ethnie
Auteur(s): Gregorio MANZUR
Durée: 01:39:02
Date de réalisation: 09/05/2006
Lieu de réalisation: Paris, France
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Gregorio MANZUR, écrivain et journaliste argentin installé depuis 1965 à Paris, s’est engagé depuis quelques années dans la lutte pour la survie des indiens huarpes des lagunes de Guanacache, région située entre les provinces de Mendoza et de San Juan (au nord-ouest de l’Argentine) et qu’on nomme aujourd’hui «Cathédrale du désert». Auteur du livre «Guanacache, les eaux de la soif», il propose un témoignage personnel sur les traditions et les croyances des indiens huarpes qu’il côtoie depuis sa plus jeune enfance, ainsi qu’une analyse précise des causes de leur progressive disparition.
"Moi je suis né à Algarrobal, village de la région", écrit Gregorio Manzur. "Durant mes fréquents voyages à Guanacache, j’ai toujours été saisi par la beauté de ces paysages si rudes, si puissants, si purs, qui de nuit comme de jour, semblent tourner leur âme vers l’Aconcagua, sommet de l’Amérique, avec ses 7 000 mètres de roche vive. J’ai aussi toujours aimé ses habitants, courageux, stoïques, au caractère noble. J’ai voulu dans ce livre laisser un témoignage de ce peuple si meurtri, qui vivait paisiblement en bonne entente avec ses voisins, et qui a été pris dans la tourmente de la «Conquête». Ce peuple a tout perdu : sa langue, ses traditions, sa musique, ses danses, sa religion, ses terres. Cependant, lorsque ces habitants acceptent de vous confier leurs sentiments les plus intimes, on constate que tous ces éléments constitutifs de leur personnalité restent vivaces et ancrés en eux. Ils sont profondément religieux, et la Vierge Marie est leur sainte Patronne. Mais lorsqu’ils disent que la terre est la Vierge et que la Vierge est à eux, ils sont en train de revendiquer la possession de leur terre natale et de rendre hommage à la vieille Mère-Terre de leurs ancêtres". Et il poursuit (traduction): "Cet endroit possède la force du puma, la piqûre de la vipère. Le silence de la dune accroche comme le regard d'un faucon, ou innonde nos âmes face à l'humilité du hibou. On ne va pas en vain au Désert. "Là-bas, il n'y a rien", je l'ai entendu dire. Il n'y a que les âmes des gardiens de chèvres qui malgré tant d'années de pénurie se tiennent debout, dressés sur leur survivance obstinée, décidés à durer "une petite année" encore.
Sujet: Pays
Topique: Argentine
Sujet: Communes
Topique: Guanacache
Détail particulier: Argentine, province de Mendoza
Mots-clés: Mendoza; huarpe
Pays: Argentine
Localisation temporelle du thème: XXIe siècle ap. J.-C. ; XXe siècle ap. J.-C.
Spécificité discursive du thème: Explication
Sujet: Les peuples aborigènes
Topique: Huarpe
Localisation spatiale du thème: Argentine
Nom: MANZUR
Prénom: Gregorio
Rôle: Journalistes
Appartenance: France Culture, France
Gregorio Manzur, écrivain et journaliste argentin installé depuis 1965 à Paris, s’est engagé depuis quelques années dans la lutte pour la survie des indiens huarpe des lagunes de Guanacache, région située entre les provinces de Mendoza et de San Juan (au nord-ouest de l’Argentine) et que l’on nomme aujourd
Langue: Español
Type: Traductions-adaptations
"Guanacache, las aguas de la sed" Gregorio MANZUR: "Una población indígena, los Huarpes, vivía en el Piedemonte mendocino. Su hábitat eran las lagunas de Guanacache que cubrían miles de hectáreas, alimentadas por las aguas de deshielo de la cordillera de Los Andes. Se nutrían de pescado, de aves acuáticas, de avestruces, guanacos, frutos del algarrobo, etc. Eran ceramistas, fabricaban sus canoas de totora y comerciaban con los Mapuches, venidos del Sur y con los Incas, que bajaban del Norte. A la llegada de los españoles en el siglo XVI, venidos de Chile, fueron sometidos a la Encomienda, sistema que autorizaba el reparto de Indios entre los Conquistadores. Los hombres son enviados a las minas de oro y plata de la cordillera. Casi la totalidad morirá de fatiga, de malos tratos, de hambre. En su ausencia se desarrollará el clásico mestizaje hispano-indígena. En la actualidad la población cuenta con una cierta cantidad de Huarpes y, mayormente, de mestizos. A mediados del siglo XIX, la Argentina comienza a recibir un gran contingente de inmigrantes venidos principalmente de Europa. Entre ellos llegan agricultores que desarrollan el agro y la vitivinicultura, así como la cría de ganado. Dado que las lluvias son escasas en la región, las aguas del río Mendoza que alimentan los lagos son desviadas para satisfacer las necesidades de las nuevas industrias, produciendo el lento secado de las Lagunas. Actualmente, la región es llamada Desierto, a pesar de la existencia de muchos árboles y arbustos que han sabido adaptarse a la sequía. Los habitantes en su gran mayoría son Puesteros, es decir, criadores de cabras. Las vías de acceso son muy difíciles dado que lluvias esporádicas, muy violentas, destruyen los caminos, sumadas a crecientes intempestivas del río Mendoza que traza canales enormes cortando los caminos, destruyendo las casas y aislando a los habitantes. También azota el Zonda, viento frío que nace en el océano Pacífico, descarga su humedad al cruzar la cordillera y se vuelve cálido y polvoriento en Mendoza ; crea luego una zona de baja presión atrayendo un viento helado que viene del sur. Otro peligro es la presencia de animales venenosos, tales como la serpiente Yarará, la víbora Cascabel, la Coral y el temido Matuasto, lagarto cuya mordedura “es mortal pa hombres y animales”. Debido a la caza intensiva de guanacos, avestruces y otros animales de la montaña, los pumas bajan hasta las Lagunas, causando estragos en los rebaños. A esto se suma la falta de agua potable -a pesar de los reiterados intentos por hacer perforaciones. Los Puesteros se resignan entonces a cavar pozos a pico y pala (pozo balde) para acceder a las napas freáticas, halladas a veces a diez o quince metros de profundidad. Los servicios sanitarios son prácticamente inexistentes, lo que hace que las personas gravemente enfermas no tengan ni tiempo ni medios de ser sanadas. Los puestos se hallan a veces a 10 o 20 kilómetros de distancia los unos de los otros y las fiestas patronales, que tienen lugar varias veces al año, facilitan los encuentros. La periódica llegada de las aguas, que llena en parte los viejos lagos, en vez de ser benéfica, produce a menudo catástrofes. Los animales entran en las aguadas para beber, pero al cesar el flujo la tierra se hace barrosa y mueren en el fango, mientras que miles de peces sucumben boqueando".
Type: Contexte "Recherche"
Public cible: Pour tout public
Cet entretien analyse de nombreux sujets relatifs aux indiens huarpes, à leurs traditions, leurs croyances et à leur mode de vie. Gregorio MANZUR relate parfois avec passions et humour les mythes des indiens huarpe, ce qui peut captiver tout type de public. Il propose un véritable témoignage à la fois scientifique et personnel sur cette ethnie menacée.
Type: Contexte "Recherche"
Public cible: Pour spécialistes
Gregorio MANZUR est né à Mendoza, dans une zone proche de celle des indiens huarpes. Ayant grandit auprès d'eux, il a su se faire intégrer dans la communauté. Son analyse et son témoignage proposent une vision précise des traditions et du mode de vie de ces indiens huarpes, ainsi qu'une explication pertinente sur la menace qui pèse sur eux.
Gregorio MANZUR. Les indiens huarpe de Guanache, http://www.amsur.msh-paris.fr/Video.aspx?domain=422ede87-ce4b-42a9-8f79-b85c80665af0&language=fr&id=0cafe033-b16f-4163-8929-dbe84e3fe653&mediatype=VideoWhitShots 2006
Type: Droit d'auteur relatif au contenu du document source
L'auteur de cett entretien est ESCoM (Equipe Sémiotique Cognitive et Nouveaux Médias) à la FCMSH (Fondation Maison des Sciences de l'Homme) , Paris, 2006
Type: Régime général "Creative Commons" relatifs au document source
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Titre: Analyse de la vidéo segmentée de l'entretien avec Gregorio Manzur sur les indiens huarpes
Langue(s): Français
Type: Analyse plus détaillé
Comment citer: PAPINO, Manuela. Analyse de la vidéo segmentée de l'entretien de Gregorio Manzur sur les indiens huarpes de Guanache, http://www.amsur.msh-paris.fr/Video.aspx?domain=422ede87-ce4b-42a9-8f79-b85c80665af0&language=fr&id=0cafe033-b16f-4163-8929-dbe84e3fe653&mediatype=VideoWhitShots 2012.
Id analyse: 18010ad8-ddcf-42db-b999-e28021a754bb
Id vidéo: 0cafe033-b16f-4163-8929-dbe84e3fe653
Gregorio MANZUR, dans un entretien avec Elisabeth de Pablo en 2006, juste avant la sortie de son livre "Guanacache, les eaux de la soif", livre son témoignage et ses préoccupations concernant les indiens huarpes de la région de Mendoza et de San Juan (nord-ouest de l'Argentine).